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Centre Cis Valcenis en Haute Maurienne

Vanoise

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Sur les traces des premiers hommes
en Haute-Maurienne Vanoise

Dès le néolithique, dans cette période postglaciaire où le réchauffement reculait plus haut qu’aujourd’hui les limites de l’altitude, les hommes s’installèrent dans la haute vallée de l’Arc pour vivre d’élevage et de cultures, utilisant les alpages actuels comme le prouvent, à cet étage de nombreux mégalithes.

C’est le néolithique (vers 2000 ans avant Jésus-Christ) qui nous fournit les premières traces d’occupation humaine : sur le territoire de la commune de Lanslevillard se trouvent les 2 plus célèbres mégalithes de la vallée avec la Pierre aux Pieds et la Pierre de Chantelouve.

  • La Pierre aux pieds est située à 3.000 m sur le plateau de Pisselerand. Ce bloc présente sur la face supérieure une cinquantaine de cupules et l’empreinte d’une trentaine de paires de pieds humains.
  • La Pierre de Chantelouve ou Pierre des Saints se situe à 2.100 m, creusée de 150 cupules souvent reliées entre elles par des rigoles.

Les épigraphes

Dans toute la vallée, on trouve de nombreuses pierres gravées représentant des personnages (sur la dalle du Vallonnet, aujourd’hui recouverte de terre), des spirales, des marelles (les gravures de l’Arcelle), des formes mystérieuses en rapport avec les astres (la pierre du soleil).

La grotte de la Balme découverte en 1972 à Sollières livre du matériel abondant datant de l’âge du bronze, 1.800 à 750 ans avant J.C.

L’âge de fer précédant l’époque romaine reste passionnant car les vestiges indiquent une civilisation indigène qui nous a laissé des objets de parure (fibules du Bourget ou de Lanslevillard).

Au début du 10ème siècle, les Sarrasins ont envahis la Maurienne. Mais comment ne pas parler des Sarrasins dans l’histoire de la Maurienne ? Il n’est pas de point stratégique, le long de la vallée de l’Arc, qui ne soit pas coiffé d’une tour sarrasine (tours qui ne furent pas édifiées par eux, mais contre eux). Certains ont voulu voir dans les caractères ethniques particuliers de Bessans une trace de cette occupation. " Beaucoup de bessannais ont dans les veines du sang arabe ". En fait, l’isolement de la vallée et les mariages endogamiques suffisent largement à expliquer ces traits particuliers et aucune preuve ne vient étayer cette hypothèse.

Haute-Maurienne : terre de passage à l'histoire marquante

Sa situation au pied de la chaîne frontalière que l’on peut franchir par de nombreux cols lui confie un rôle de passage, affirmé depuis les époques les plus reculées. En effet, de tout temps, le massif de la Vanoise-Haute Maurienne a été très fréquenté et conserve une ancienne tradition de passage. Si les militaires romains ont préféré la route de Tarentaise, les commerçants, les courriers et les pèlerins passèrent en très grand nombre par la Maurienne.

Jusqu’en 1860, la Haute-Maurienne et la vallée de Suse appartenaient à un même état, situé de chaque côté du col du Mont-Cenis : l’état de Savoie-Piémont. Le Saint-Suaire serait passé trois fois par Bessans, au 16ème siècle, via le col de la Lombarde pour aller jusqu’à Turin.

Cette incessante circulation d’hommes et de marchandises aurait donné au pays une partie de sa richesse économique et culturelle.

Des cols comme ceux de la Vanoise, d’Aussois, du Mont-Cenis, du l’Autaret (…) ont été une grande voie de passage au cours des siècles et ont assuré la liaison entre la Haute-Maurienne, la Tarentaise et le Piémont aujourd’hui Italie.

Chronologiquement, on peut considérer trois étapes dans l’utilisation des cols transalpins de Haute-Maurienne :

  • A l’origine étaient beaucoup fréquentées les routes des cols du Collerin (signifiant couloir), d’Arnès et de l’Autaret, ayant pour tronc commun Bessans et la vallée d’Avérole avec ses hameaux populeux haut-perchés. On parlait de commerce transalpin. Ces trois cols furent empruntés pour troquer du sel contre du riz, pour faire de la contrebande. On allait acheter et vendre des bêtes dans les foires des deux côtés de la frontière. On parle également de "la route des épices et de la soie"… Toutes ces transactions se faisaient par les cols afin d’éviter l’onéreux péage de Suse.
  • Entre Bramans et Chaumont, l’existence d’une voie chariotable a été reconnue, celle qu’utilisèrent Hannibal et ses éléphants, il y a près de 300 ans avant notre ère. Ils franchirent la crête frontière vraisemblablement par l’un des cols débouchant sur le vallon d’Ambin avant de transiter par la Maurienne, à la tête d’importantes armées.
  • Par la suite, l’empereur Charlemagne fit ouvrir une voie, "la route carolingienne", qui partait de Bramans et traversait la montagne au col du petit Mont-Cenis, le plateau du Grand Mont-Cenis où se trouve le lac et descendait depuis Grande Croix par les Echelles sur Novalaise.
  • Mais cette très longue étape fut raccourcie grâce aux descentes en ramasse. Depuis le col du Mont-Cenis, la Porte millénaire des Alpes (qui reliait Chambéry et Turin, les 2 métropoles du duché de Savoie) les habitants de Lanslebourg, vêtus de bure et surnommés de ce fait les "marrons", descendaient les voyageurs en les faisant glisser à vive allure sur les pentes enneigées, assis sur une "ramasse", fagot d’arcosses (aulnes verts). Ce mode de transport prit fin avec la création d’une route, ordonnée par Napoléon Bonaparte en 1803. De 1868 à 1871, le chemin de fer Fell a fonctionné, franchissant le col du Mont-Cenis en toute saison, reliant St. Michel de Maurienne à Suse. L’exploitation de la ligne cessa avec l’inauguration du tunnel du Fréjus.

La vocation de transit de la Maurienne s’est affirmée avec l’élargissement de la route du Mont-Cenis, puis avec la décision prise par les souverains sardes en 1857 de percer un tunnel ferroviaire entre Modane et Bardonecchia : le tunnel du Fréjus vit le jour en 1871.

1937 : ouverture du col de l’Iseran, le plus haut col d’Europe, culminant à 2764 mètres d’altitude, assurant la liaison avec le versant tarin, ouvert de juin à septembre uniquement.

1981 : le réseau routier est complété par le percement du tunnel routier du Fréjus qui double le tunnel ferroviaire. Long de 12.870 m, il se classe comme étant le deuxième en Europe.

De plus, l’autoroute Lyon-Turin va reprendre le vieux système d’échange des hommes et des biens.

Karine Routin

 


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